Archives du mot-clé 3º ESO

L’expression idiomatique du jour

« Faire la  grève », « être en grève »

En effet, en France et au Portugal, on fait la grève  (même origine), mais en Espagne « se hace huelga« ( de la même étymologie que le mot « holgazán« )

Voyons l’origine de l’expression française  « faire grève » et son rapport avec les autres langues romanes.

SIGNIFICATION

Pour des travailleurs, cesser de travailler de manière concertée (en général pour obtenir des avantages ou faire revenir la direction de l’entreprise sur une décision).

ORIGINE

Tous ceux qui ont suivi des cours d’histoire de France ont lu ou entendu la phrase « un tel a été pendu ou un tel sera guillotiné en place de Grève ».

La place de Grève ( arenal de gravilla),  se trouvait à Paris : voir la photo ici.
Elle s’appelait ainsi parce qu’on y trouvait une grève, quai en pente douce plongeant dans la Seine et permettant un déchargement aisé des nombreuses marchandises transportées sur le fleuve et livrées à Paris via ce qui était à une époque son port le plus important.

Ce n’est qu’en 1830 que, en raison de sa situation, cette place a été renommée « Place de l’Hôtel de Ville ».

Mais bien avant cette date, ‘être en grève’, c’était d’abord être sans travail.
Les ouvriers au chômage se réunissaient sur la place de Grève où les patrons venaient les chercher, en fonction de leurs besoins en personnel.

Le sens de l’expression a évolué à partir du  début du XIXe siècle lorsque des ouvriers, exploités par des patrons peu scrupuleux, ont décidé d’abandonner le travail et de ‘se mettre en grève‘ en se réunissant sur la place du même nom.

L’EXPRESSION DANS D’AUTRES LANGUES

Pays / Région Expression équivalente Traduction littérale
Allemagne Streiken Mettre bas (les outils)
Angleterre To strike Mettre bas (les outils)
Espagne Hacer huelga Se mettre en grève
Italie (Sicile) ‘Ncruciàri ‘i vràzzaFare lo sciopero Croiser les bras (attitude de celui qui ne veut rien faire)
Roumanie A face grevă Faire grève
Portugal     Fazer greve Faire grève

(Source:  http://www.expressio.fr/expressions/faire-greve.php )

Les Portugais, avec l’expression « fazer greve »ont emprunté le gallicisme en raison de leur goût de la culture, car le français était la langue de la culture et de la diplomatie en Europe au début du XIXème. siècle. Continuer à lire ici >>

>>>>« Os italianos parecem ser os mais puristas quando o assunto é a etimologia da palavra greve. Se você pretende passar férias na Bella Italia, fique sempre de olho nos scioperi. É sciopero dei treni (greve de trens), sciopero dei vaporetti (greve dos barcos de Veneza), sciopero dei camerieri (garçons)… Até os jornalistas já fizeram sciopero contra a Legge Bavaglio, a Lei Mordaça de Silvio Berlusconi. A palavra sciopero vem do latim ex operari, ou seja, fora de serviço. Ou seja, além de vir do latim, a língua-mãe de todos os idiomas romances, quer dizer exatamente o que o conceito de greve significa: deixar de trabalhar.

Em Barcelona, nem todos os grevistas são « vagabunds »

Os catalães, conhecidos na Península Ibérica pela sua austeridade e pelo seu amor pelo trabalho, — ou, falando em bom catalão, por ser garrepes (pão-duros) — tinham que ser os mais implacáveis ao escolher um termo para definir o ato de cruzar os braços. Em catalão, greve é vaga, palavra que tem o mesmo radical que vagar e vagabund. Mas é claro que isso não faz com que tenham uma imagem depreciativa dos grevistas. De fato, poucos dias antes de 29 de setembro estávamos em Barcelona e notávamos uma mobilização tremenda de apoio ao movimento. »<<<<<<<<<<<<<<<<<<

(Source: http://cadernosultramarinos.wordpress.com/tag/greve/ )

En espagnol, le mot  huelga vient aussi du latin . C’est un dérivé du verbe holgar, qui signifie « se reposer, ne rien faire ».  À son tour, holgar dérive du terme  folgar, mot commun aux trois langues romanes hispaniques,  du latin tardif  follicare, « resollar, jadear »,  en allusion à l’image du marcheur qui s’arrète pour reprendre son souffle au milieu d’un chemin en pente. En galicien, on dit, donc, folga.

Enfin, quand le repos est habituel, la personne qui en jouit devient un holgazán ( un fainéant). Par contre, si on parle de mesures syndicales  en vue d’arrêter le travail, ceux qui les adoptent sont, tout simplement ,  huelguistas.

Le pire est qu’ actuellement , en Espagne,  presque 26% de la population économiquement active est au chômage; ce sont des ex operari ou des scioperai en huelga ou folga permanente, et même s’ils font  vaga ou greve, malheureusement aucun  d’eux ne va  remarquer la différence.

Les dix ans de la catastrophe écologique du Prestige

« Plus jamais ça!! », dix ans se sont déjà passés et on n’a pas oublié ces images

(Source: http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/11/13/en-espagne-le-proces-du-prestige-s-ouvre-dix-ans-apres-le-naufrage-du-petrolier_1789678_3244.html  )

« Le 13 novembre 2002, une tempête au large des côtes de la Galice provoque une avarie sur la coque du pétrolier Prestige. Des 77.000 tonnes de fioul qu’il transportait, plus de 80 % seront déversés dans l’océan. Le reste, il l’emportera avec lui à 3.500 m de profondeur. L’hydrocarbure répandu est un fluide visqueux lourd, formant des galettes et des boulettes, et dispersées sur de larges étendues. À l’heure où s’ouvre enfin le procès, à La Corogne, on peut se demander où sont donc passées ces milliers de tonnes de fioul ? Dix ans après la catastrophe, l’environnement s’est-il rétabli ?

[……]

La catastrophe du Prestige est sans précédent : jamais une telle quantité de pétrole ne s’est étalée sur une vaste zone en une période aussi longue. La majeure partie s’est éparpillée proche des côtes espagnoles. La décision du remorquage vers le large est liée au fait que les courants océaniques en novembre sont orientés au nord-est. Si le navire n’avait pas été éloigné, la marée noire se serait propagée sur toute la côte ouest européenne. Cette manœuvre a néanmoins laissé cours à 10.000 t de fioul, disséminées dans une large zone de l’océan. »

Voici  la chronologie du naufrage

« Chronologie du déversement du fioul du Prestige dans l’océan et sur les côtes terrestres. Le naufrage s’est produit le 13 novembre 2002, dans les eaux espagnoles. L’Espagne, le Portugal et la France ont été les pays les plus touchés par la marée noire. © Idé »

( Source: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/developpement-durable-1/d/naufrage-du-prestige-10-ans-plus-tard-ou-est-passe-le-fioul_42031/  )

L’éphéméride du 12 novembre

Un petit souvenir pour le génie de Rodin

Lundi ,  le monde de l’art  a célébré le 172 anniversaire de la naissance ( en 1840) du  grand sculpteur  Auguste Rodin, le créateur de « Le penseur« , son oeuvre la plus connue, réalisée  à grande échelle en 1902 et présentée au grand public en 1904.

Je vous invite, donc , à connaître son grand art à travers ce beau vidéo documentaire, publié  hier sur le site de  La Voz de Galicia  et, dont je vous assure sa qualité.

Pour lire l’article sur le journal « La Voz de Galicia », cliquez ici 

Lisez aussi les phrases qu’il a dit sur l’art et sa manière de travailler, sur le site proverbia.

 

Une vieille comptine devenue une berceuse

Pour Sara G. et les élèves qui aiment la musique

Sara  a commencé à étudier le français l’année dernière, et un jour elle est arrivée gentiment  dans la classe en m’apportant une ou deux chansonnettes, des poésies, elle m’a dit. L’une des chansons était « Au clair de la lune ».

Je lui offre , à mon tour, la comptine que tous les Français connaissent bien : « Au clair de la lune » , en support vidéo.

Voici donc, le vidéoclip et les paroles de la célèbre comptine ou berceuse

Au clair de la lune, mon ami Pierrot,
Prête-moi ta plume, pour écrire un mot.
Ma chandelle est morte, je n’ai plus de feu.
Ouvre-moi ta porte, pour l’amour de Dieu.

Au clair de la lune, Pierrot répondit :
« Je n’ai pas de plume, je suis dans mon lit.
Va chez la voisine, je crois qu’elle y est,
Car dans sa cuisine, on bat le briquet. »

Au clair de la lune, s’en fut Arlequin
Frapper chez la brune. Elle répond soudain :
« Qui frappe de la sorte ? Il dit à son tour :
— Ouvrez votre porte, pour le Dieu d’Amour ! »

Au clair de la lune, on n’y voit qu’un peu.
On chercha la plume, on chercha du feu.
En cherchant d’la sorte, je n’sais c’qu’on trouva.
Mais je sais qu’la porte sur eux se ferma.

Pour lire la partition: http://comptines.tv/au_clair_de_la_lune 

Voir aussi

Ce n’est pas capricieux, la grammaire!

La saison des rhumes et de la grippe

C’est vrai, il s’agit d’une question bien logique. Lisez pourquoi on dit « avoir la grippe » et « avoir un rhume« , sur un site très intéressant du côté culturel:

« Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi on disait « j’ai la grippe » mais « j’ai un rhume » ?Une question si simple mérite une réponse tout aussi simple : il n’existe qu’un seul virus de la grippe mais plusieurs microbes du rhume, d’où l’emploi d’un article indéfini. »

Source: http://omnilogie.fr/O/Grippe_et_rhumes

Finies les vacances, on recommence . C’est la rentrée!

Me revoilà, après la pause des vacances d’été, pour vous désirer la bienvenue à tous et à toutes avec un peu d’humour et d’expressions de la langue familière de la main de Margerin. Cette BD est tirée de l’album Radio Lucien qui nous raconte les aventures d’une bande de jeunes de la banlieue parisienne.

Le contexte de la BD , c’est le matin du départ en vacances de Lucien et de ses parents et dans les dessins il y a beaucoup d’éléments d’humour, tels:

  • Image 1: le pot de chambre sous le lit.
  • Image 4: le petit bateau dans la salle de bains.
  • Image 5: le fait de repasser un maillot de bain.
  • Image 11: la mère en manteau bordé de fourrure le matin du départ des grands vacances,  au mois de juillet et août, quand tous les Français sortent.

Dans les repliques de Lucien à son père, en lui rappelant  ironiquement , à l’image 7 qu’ils n’emmènent pas ni la machine à laver ni l’aspirateur, par rapport à l’année précédente.

Les éléments de civilisation sont les suivants:

  • Image 2:  » Les grands départs »>allusion au fait qu’en France tout le monde part en vacances en même temps, malgré les plans de l’Administration pour étaler les vacances.
  • Image 6: le loock de Lucien, sa coiffure, avec sa mèche en « banane » qui le désigne comme « rocker ».
  • Image 7: la maison dessinée par Margerin reprèsente les pavillons typiques de banlieue  ( de petites maisons entourées d’un petit jardin)
  • La voiture n’est pas un modèle récent: en effet, pour beaucoup de Français, ce n’est pas une priorité.
  • Image 9: le petit « Routiers ». Les « Routiers » sont des cafés-restaurants où on mange bien , mais pas cher, et qui sont en principe prévus pour les camionneurs.

Bref, comme conclusion, on peut dire que la famille de Lucien représente une famille de Français moyens: le père est employé, la mère, femme au foyer et le fils est un « loubard », un jeune banlieusard un  peu voyou.

Les expressions et mots en français parlé familer sont  représentées par

  • Un certain nombre de formes raccourcies comme:

-y a  =il y a

-faut =il faut

-le chat qu’est enfermé=  le chat qui est  enfermé

-j’vais = je vais

-t’auras =tu auras

-p’tit dèj = petit déjeuner

-je m’lave =je me lave

-t’as pas encore fait = tu n’as pas encore fait

-t’aurais pas vu =tu n’aurais pas vu

  • beaucoup de mots et expressions de la langue parlée:

-plein de = beaucoup de

-hein? (fam.) = comment?

-ça va pas?!(fam.) = façon d’exprimer que l’on a des doutes sur la

santé mentale de l’autre.

-se taper, epxression familière très courante, signifiant que l’on est

obligé de faire quelque chose que l’on n’aime pas faire. Ici, « se taper

les bouchons » veut dire : « devoir supporter les embouteillages ».

-c’es pas vrai?! marque l’étonnement.

-amener(fam.)= apporter.

-c’est bien la peine que …..exprime que l’on a fait un effort inutile.

-se crever à (fam.) = se fatiguer à.

-bon sang! ( fam. )= juron (« por Dios »)

-pas ça! se dit quand on constate que ce que l’on redoutait va ou

vient d’arriver.

-y’en a pour des heures=ça va durer longtemps.

-imbécile, crétin! mais quel con! (fam.)= des injures de sens évident.

-marcher comme sur des roulettes = »marchar sobre ruedas »,

-se ramener(fam. ) = venir.

-super: mot à la mode depuis des années = formidable.

Cliquez sur la planche de la BD de Margerin pour augmenter:

 Écoutez la chanson « La valise » , de Dorothée et complétez le nom des vêtements et compléments qu’elle a emportés pour ses vacances. N’oubliez pas de réviser le lexique des vêtements sur Langue ESO/BAC > Lexique>Niveau intermédiaire.

Voici le  sympa vidéoclip de Dorothée: